Le prix de l’oeuvre

, par Theis Valérie

Charlotte Guichard (CNRS/ENS) et Sophie Cras (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

S2, 6 ECTS

Pourquoi le marché de l’art fascine-t-il autant les médias et le grand public ? Euphoriques ou exaspérées, les passions excitées par les prix atteints en vente publique ne s’émoussent pas. C’est que les millions échangés contre des œuvres ne suffisent pas à chasser l’idée que l’art devrait échapper à l’économie ordinaire de la marchandise. Pour certains, la figure de l’artiste désintéressé, vivant pour son art mais « récupéré » par le système marchand, demeure une représentation vivace ; pour d’autres, l’artiste est au contraire devenu un génie stratège, mû par l’appât du gain, prompt à tirer profit de la crédulité et du snobisme de riches amateurs.

Repoussant ces caricatures, ce séminaire de recherche restituera l’épaisseur historique des marchés de l’art et la place active de l’artiste en leur sein. Dans un dialogue entre histoire de l’art et sciences sociales, les séances seront organisées autour de la lecture d’articles, l’analyse d’œuvres et d’archives (contrats, correspondances, textes théoriques). Dissipant l’illusion du contemporain, il montrera que des notions telles que le prix, la spéculation, la ‘cote’ et la réputation s’ancrent dans une histoire séculaire, qui remonte au moins au XVe siècle, et dont les artistes furent aussi des acteurs : jamais indifférents à leurs conditions d’existence et de travail, ils se saisirent de cette matérialité comme d’une contrainte créative.

Validation : assiduité, participation, rédaction d’une note critique (18 à 20.000 signes) à partir d’un ouvrage de la bibliographie.

Dates : 28 janvier, 4 et 18 février, 11 et 18 mars, 1er, 8 et 22 avril.