Une nature à dominer ? Pour une histoire environnementale du Moyen Âge

, par Theis Valérie

Valérie Theis

S2, 6 ECTS

 

Les rapports que les hommes et les femmes du Moyen Âge entretenaient avec leur milieu ont été pendant des siècles pensés au prisme de la domination, omniprésente dans la Bible, dans les sources seigneuriales ou même, plus récemment, dans certains discours insistant sur la prédation de l’homme sur la nature et sur le « forçage » des écosystèmes.

La multiplication des recherches sur les écosystèmes médiévaux donne désormais une vision beaucoup plus complexe, et plus intéressante, de ces rapports. Elle interdit également de basculer dans la reconstruction mythique d’un temps d’harmonie entre les hommes et la nature. Le paysage de l’Europe médiévale a été construit par l’action des hommes et celle-ci a pu être tour à tour et concurremment prédatrice, créatrice ou marquée, dès la fin du Moyen Âge, par le souci de la préservation des ressources naturelles.

Après des années de reflux de l’histoire du monde rural, la question environnementale permet ainsi de relire à nouveaux frais les matériaux classiques de l’historien (sans négliger pour autant l’environnement urbain). Cette relecture critique est indispensable afin d’éviter que l’enthousiasme pour l’histoire de l’environnement ne se traduise par une remontée en puissance de formes de déterminisme naturel. On pourra ainsi s’inspirer du modèle récent proposé par Jean-Pierre Devroey avec son éco-histoire du système social carolingien et notamment de sa proposition de faire une « micro-histoire des dynamiques écologiques ».

Le séminaire est plus spécifiquement adressé aux étudiants de master et de doctorat.

Mercredi 14-16 heures

Validation : lecture et présentation d’articles ou commentaire d’une source médiévale.