Mineure "Etudes européennes"

 

L’ambition de cette mineure est de proposer un parcours de formation qui intègre précisément à la fois les humanités, les sciences sociales, les sciences de gouvernement et même les sciences naturelles. Elle contribue ainsi à orienter les étudiants vers un intérêt renouvelé pour les sujets européens, en y associant étroitement l’esprit de la recherche et la perspective de l’action publique dans les institutions européennes. Grâce à un programme d’études européennes large et ouvert, cette mineure veut contribuer à diversifier les formations qui mènent au recrutement dans les institutions européennes, à y promouvoir les études doctorales comme niveau de compétences et donc à réduire l’écart entre formation à la gouvernance et recherche fondamentale. Dans cette perspective, il s’agit aussi de faire enfin communiquer la culture de gouvernement installée en Europe avec le tournant transnational et global connu par les sciences humaines et les sciences sociales depuis une trentaine d’années.

La perspective de cette mineure est donc large : elle concerne l’Europe dans son ensemble, comme sous-continent de l’Eurasie, comme forme complexe de manifestation de la civilisation humaine, comme foyer de dynamiques géopolitiques ET comme projet politique et institutionnel. Tout cela s’inscrit dans une perspective chronologique longue, pluriséculaire, quand les « études européennes » s’en tiennent en général aux cent dernières années, au mieux. Au contraire, notre perspective consiste à articuler, entre recherche et enseignement, une série d’interrogations très larges sur notre continent ET sur le sens, les dynamiques et les modalités de son intégration, sans négliger aucune de ses dimensions. Comment penser la place d’une « littérature européenne » dans le cadre de la littérature mondiale ? Comment penser l’Europe, en philosophe ? Une anthropologie européenne est-elle possible, et à quelles conditions ? Comment penser dans le temps l’intégration européenne, depuis l’apparition du terme dans les traités diplomatiques internationaux (Utrecht, 1713) jusqu’à l’invention de l’Union ? Quelle société européenne, et quelle sociologie de la société politique européenne ? Comment penser la place de la pluralité des langues dans l’Europe des États nationaux et de l’intégration européenne, et dans un monde dominé par le monolinguisme anglophone ? Comment penser le droit de l’Union, comment penser le droit et les droits dans l’Union, comment penser le droit et l’aventure européenne, depuis le droit des gens jusqu’au droit global  ? Comment penser l’environnement dans le cadre spécifique du continent ?

Ces interrogations, qui sont autant de questions de recherche ET de sujets majeurs pour le débat public européen, constituent l’horizon de cette mineure, et donc aussi les axes principaux de la contribution que l’ENS entend apporter à une pensée nouvelle de l’Europe. Et bien sûr, dans cette opération, les étudiants auront un rôle crucial.

 

Comme toutes les mineures du DENS, Etudes européennes implique de valider 64 ECTS dans le périmètre du parcours au cours de sa scolarité à l’ENS, ventilés en trois modules obligatoires.

 

1. Le séminaire Penser l’Europe ( 6 / 12 ECTS)

Le séminaire Penser l’Europe  est le séminaire commun de la mineure, et à ce titre il est obligatoire de le suivre au moins pendant une année (il est possible de le valider deux fois au cours du parcours).

Il s’agit d’un séminaire général, au cours duquel les enseignants-chercheurs de l’ENS qui sont impliqués à un titre ou à un autre dans la mineure mais aussi des collègues de PSL et du monde entier sont invités à présenter leur manière de penser l’Europe à partir de leur discipline, de leurs recherches propres. Mensuel, ce séminaire vise à faire un tour d’horizon des pensées actuelles de l’Europe, à les confronter, à les mettre en discussion, et à travailler ensemble, notamment pour les étudiants, à la mise en forme de cette réflexion collective.

Ce séminaire s’organise donc en 8 séances de 2h, consacrées à des interventions d’invités, et en une journée d’études de fin d’année, organisée principalement par les étudiants qui suivent le cours, orientée vers la publication des réflexions de l’année.

 

2. Les cours et séminaires optionnels (jusqu’à 54 ECTS)

Les étudiants doivent suivre et valider un nombre variable d’enseignements dans la liste suivante, à concurrence de 55 ECTS.

 

3. Le stage de professionnalisation européenne (de 6 à 18 ECTS)

Les étudiants de la mineure Etudes européennes doivent impérativement effectuer un stage professionnalisant dans une institution européenne au cours de leur parcours. Ces stages donnent à des rapports en bonne et due forme, et, en fonction de leur ampleur, sont crédités de 6 à 18 ECTS.