Master d’histoire transnationale : publication d’un article collectif sur la police politique d’Hissein Habré

, par Theis Valérie

Le travail entrepris sous la direction de Jean-Pierre Bat par les étudiantes et les étudiants du Master d’histoire transnationale sur les archives de la DDS, la police politique d’Hissein Habré (1982-1990), vient de donner lieu à la publication d’un article dans la revue Champ pénal au sein d’un dossier intitulé "Les acteurs régaliens du renseignement : retour à l’empirie" dirigé par Frédéric Ocqueteau et Sébastien-Yves Laurent.

 

Cet article est le résultat d’un projet de recherche dans le cadre de PSL Université. Ce projet a débuté avec les missions de de Jean-Pierre Bat au Tchad et au Sénégal (2015-2016) dans le cadre du procès Habré et s’est prolongé, en France, avec l’exploitation des archives de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) par les étudiants du master d’Histoire transnationale (2016-2017).

 

L’article, intitulé "Renseigner et administrer la terreur sous Hissein Habré : la Direction de la documentation et de la sécurité", est co-signé par Jean-Pierre Bat, Antoine Duranton, Soheila El Ghaziri, Mathilde Sigalas et Margo Stemmelin.

 

Résumé : À la faveur du procès d’Hissein Habré (2015-2016), ancien président du Tchad (1982-1990), ont été exhumées les archives de son service de renseignement, la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS). Connue pour son rôle répressif et pour ses prisons, la DDS n’avait jamais fait l’objet d’une mise en perspective historique sur le temps long post-colonial et son appareil de renseignement fut ignoré au profit de son appareil répressif. Cet article revient sur l’héritage sur lequel s’est construite la DDS, puis aborde les rouages de l’administration quotidienne du secret au Tchad, saisissant la naissance d’une « bureaucratie du secret » dont les acquis techniques survivront largement à la chute d’Hissein Habré. À la vision de la société tchadienne dans l’œil de la DDS répond, en miroir, une sociologie des acteurs du renseignement au quotidien (jusqu’à des exemples d’informateurs). Il s’agit d’une approche inédite « par le bas » de la création et du fonctionnement d’une « administration du secret » en Afrique contemporaine au cours des années 1980.

A lire ici : https://journals.openedition.org/champpenal/10789