Claire Zalc
S1, 6 ECTS
Migrations et persécutions : comment penser et travailler sur leur articulation ? Le fait migratoire est un enjeu majeur de la période contemporaine ; la mise en place de politiques systématiques de discrimination, persécution et extermination de certaines catégories de populations constitue une donnée fondamentale du XXe siècle. Comment comprendre les relations entre ces deux histoires qui bien souvent s’ignorent ? Notre séminaire vise à interroger les liens entre migration et persécution, à travers plusieurs champs d’étude. Il se centre sur l’étude de trajectoires migratoires de groupes d’individus soumis à la persécution et interroge les frontières entre les catégories de « migrants », « étrangers » et « réfugiés ». L’enjeu consiste à considérer les mobilités contraintes comme l’une des dimensions majeures des persécutions et à interroger la « fabrique » des populations soumises aux catégories qui régissent la migration. A cette fin, nous mènerons l’étude de parcours migratoires, à partir de sources produites par une série de confrontations entre individus, états et institutions, pour nourrir une réflexion sur l’histoire globale des relations ordinaires des relations entre les migrants identifiés, discriminés ou persécutés et les institutions dans le monde de la première moitié du vingtième siècle. En abordant ces questions dans une perspective transnationale, nous porterons une attention particulière à la variété des modes de désignation, de qualification et d’expression des appartenances dans les sources, qui témoignent d’auto-identifications spontanées, de méconnaissances, d’incompréhensions et parfois de résistances aux classifications administratives. Aborder l’histoire des migrations autour de la dialectique entre identifications et appartenances conduit à réfléchir à l’expression de définitions de soi décalées en regard des catégories étatiques et donc à s’interroger sur les marges de manœuvre dans les interactions entre étrangers et administrations.
Cette année sera plus particulièrement consacrée aux manières dont les hommes et les femmes sont ramenés, assignés, attachés à des lieux, hors de la perspective de l’enracinement. Être né quelque part, être né autre part, les lieux ne cessent de fonctionner comme des marqueurs, des stigmates aussi. Comprendre comment se nouent les attaches à un lieu, ce que signifie socialement être originaire de quelque part, c’est à la fois rendre compte des ressources construites autour du partage de l’origine et envisager comment ces origines pèsent dans les trajectoires, voire entravent les vies et les parcours. Aussi nous tenterons d’approcher les façons dont les lieux structurent mais aussi déstructurent les trajectoires, les manières de s’y référer comme d’y échapper, voire de le rejeter.
En accordant une large place à l’analyse de sources, on donnera à voir comment les différentes assignations s’instituent comme enjeu et instrument des politiques de persécution mais aussi comment les migrants s’approprient, refusent ou jouent avec elles. Nous étudierons les manières dont les trajectoires biographiques des personnes négocient, au cours de leurs itinéraires, leurs appartenances aux lieux d’où elles viennent, comment elles subissent les stigmates de l’origine, mais aussi comment elles peuvent s’appuyer sur ces lieux, ou les rejeter, et quels sont les échanges ou l’absence d’échange entre ceux qui partent et ceux qui restent.
Le programme détaillé des séances, non encore disponible, pourra être consulté ici : https://lubartworld.cnrs.fr/seminaire-migrations-et-persecutions/
Mémorial de la Shoah, 17 Rue Geoffroy l’Asnier, 75004 Paris, France, métro Saint Paul (à confirmer)
Mercredi 15h-18h
Séance : 14 et 21 octobre, 4 novembre, 2 et 9 décembre 2026, 5 et 12 janvier 2027






